Le bureau Greisch et la construction en hauteur

Suite à cet article détaillé, nous avons demandé à Luis Nosiglia, ingénieur de projet pour le Bureau Greisch, quelle est leur expertise en matière de bâtiments de grande hauteur.

BETON : Le bureau d’ingénierie de Greisch est surtout connu comme concepteur de ponts particulièrement imaginatifs. Vous êtes également actifs dans le secteur du bâtiment, en particulier les immeubles de grande hauteur en béton préfabriqué ?

Le Bureau Greisch a en effet développé une grande expertise dans le domaine de la construction de ponts et nous sommes reconnus pour l’audace de nos réalisations et la rigueur de nos études. Parmi les réalisations les plus connues on peut citer les études d’exécution du Viaduc de Millau et plus récemment du 3ème pont sur le Bosphore (Yavuz Sultan Selim). De nombreuses techniques et connaissances développées dans ce contexte sont également applicables et nécessaires pour les constructions de grande hauteur. C’est pourquoi le Bureau Greisch se développe également sur ce marché.

BETON : Les fabricants d’éléments de structure pour les immeubles de grande hauteur entreprennent généralement l’étude. Où se situe la valeur ajoutée de Greisch, quelle expertise est importante pour votre contribution ?

Notre valeur ajoutée se situe surtout en amont, lors de la conception du projet. Nous avons une approche globale qui nous permet d’intégrer, dès le stade de l’avant-projet, les contraintes techniques liées à la préfabrication. Nous tâchons d’avoir une approche holistique du projet par laquelle nous faisons en sorte que la préfabrication puisse être aussi une réponse à des problématiques d’ordre esthétique, architectural ou d’intégration des techniques et avec toujours la question sous-jacente de l’optimisation de la mise en œuvre.

Pour le projet ZIN dans le quartier Nord de Bruxelles par exemple, la structure béton est vouée à rester apparente et faire partie intégrante du concept architectural. Dans cette optique, les nœuds structurels sont étudiés pour que, en plus de répondre aux critères de stabilité, ils puissent participer à l’esthétique et au fonctionnement de l’ouvrage. Les colonnes n’ont plus simplement le rôle d’élément porteur mais intègrent aussi la fonction de parachèvement et de conduite pour les techniques spéciales (voir figures ci-dessus). 

Par ailleurs, il faut noter que pour les structures élancées comme les ponts ou les immeubles de grande hauteur, les critères de déformabilité et de confort des occupants deviennent prépondérants. Du fait de leurs dimensions importantes, les effets du retrait et du fluage doivent aussi être pris en compte.

Dans le cas d’une tour, le recours aux bétons à haute performance pour les colonnes est devenu systématique en Belgique. Ceci doit faire l’objet d’études détaillées pour limiter notamment les phénomènes de déformations différentielles, principalement avec le noyau qui présente des taux de contraintes peu élevés. Ces mouvements peuvent engendrer des désordres dans la structure mais aussi des déformations non acceptables pour les finitions. Sans compensation des déplacements relatifs noyau/colonnes ce sont les cloisons intérieures ou la façade qui devraient admettre des déplacements relatifs importants pendant la vie de l’ouvrage. Pour la Tour des Finances à Liège par exemple, cela représenterait une inclinaison des planchers de l’ordre de 10 mm par mètre.

BETON : Il serait peut-être intéressant d’illustrer ces connaissances à nos lecteurs

Nous avons en effet publié plusieurs articles sur ces différents thèmes, nous présentons deux sujets traités lors des études de la Tour des Finances à Liège.

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