Bâtiment central de la zone de police Kouter Torhout – Le béton préfabriqué, symbole de neutralité et de dignité

À Torhout, le nouveau bâtiment central de la zone de police Kouter a été inauguré en février 2024. Tous les services de police de Torhout, Jabbeke, Gistel, Oudenburg et Ichtegem occuperont le nouveau bâtiment, mettant ainsi fin à la fragmentation de la police en petits commissariats de district dépassés. Artes Depret nv a été chargé de la réalisation du nouvel immeuble de bureaux, suivant le projet de META architectuurbureau nv. La façade extérieure en béton architectonique gris et lisse, produite et fournie par Verhelst Bouwmaterialen nv, se distingue par sa simplicité et sa finition raffinée, tout en revendiquant subtilement sa place dans l’environnement industriel.

Début 2020, META architectuurbureau a été chargé de concevoir le nouveau commissariat central de Kouter Torhout. Après des décennies de fonctionnement à partir de différents bâtiments dispersés sur l’ensemble de la zone de police, les services de police ont été centralisés. En collaboration avec META, la police locale de Kouter a mis en place un processus participatif dans lequel la conception a été façonnée selon une consultation mutuelle et ouverte. Le travail des forces de l’ordre tout au long du processus a été la clé de voûte du projet. « Pour moi, il s’agissait d’un projet spécial », déclare Pietter Lansens, de META architectuurbureau. « Je suis moi-même originaire de Torhout et, en tant que stagiaire dans un autre bureau d’architectes, j’avais déjà travaillé sur le commissariat de police de Bruges. Il y avait donc un double lien. »

À noter : le maître d’ouvrage, la police locale de Kouter, ne demandait pas de projet lors de l’appel d’offres. Pietter Lansens : « Parce qu’il voulait participer à la réflexion en collaboration avec l’architecte, dans le cadre d’un processus participatif. Alors que les quatre autres parties ont soumis un projet, nous nous en sommes tenus à une note présentant une analyse de trois options différentes. Chaque scénario avait son approche propre : préservation des bâtiments existants, volume compact et fonctionnalité des plans. Il ne s’agissait pas d’un projet à proprement parler, mais d’une première étape préalable au processus participatif de conception. Nous avons présenté notre projet et, au cours de la phase de conception, il est apparu évident que la neutralité était un facteur déterminant. À l’époque, l’épisode de la mort de George Floyd était un sujet d’actualité, ce qui rendait cette neutralité encore plus importante. D’un point de vue matériel, le béton préfabriqué permet de concrétiser parfaitement cette neutralité. »

Aménagement en fonction de l’activité

L’emplacement, un site industriel, a également incité l’équipe de conception à choisir le béton comme matériau prédominant. Le projet final est un bâtiment en gradins, tant en hauteur qu’en profondeur, qui symbolise parfaitement le fonctionnement de la police. Au rez-de-chaussée, les fonctions sont implantées pour des raisons d’accessibilité au public (accueil et interrogatoire), d’accès aux véhicules (sas pour les véhicules vers la zone d’arrestation), de chargement et de déchargement (logistique) et de proximité (service de quartier). Le niveau +1 abrite les bureaux du personnel policier, le réfectoire et la salle de crise, où chaque service d’urgence (protection civile, pompiers, ambulances, etc.) dispose de sa propre salle de repos afin de pouvoir passer rapidement d’une concertation multidisciplinaire à une concertation interne à sa propre organisation en cas de crise.

Enfin, au niveau +2, sont positionnés les locaux de la direction du service de police et des services de soutien. La forme en gradins permet d’aménager les surfaces de toiture en terrasses ou en toitures végétalisées. Les parties de toiture non visibles ont été équipées de panneaux solaires. Pietter Lansens : « Il s’agit donc d’un projet entièrement adapté à la zone de police concernée. En fait, le plan est une traduction littérale de l’organigramme du fonctionnement d’une zone de police. En même temps, il s’agit aussi d’un bâtiment très générique qui garantit une flexibilité maximale, pour aujourd’hui et à l’avenir. La particularité de ce cas est que c’est la première fois que les différents commissariats de district de la zone de police Kouter 
fonctionnent sous un même toit. »

Flexibilité maximale des plans et efficacité de la production

Chaque plan a été conçu en concertation avec la police locale de la zone Kouter, avec pour principes directeurs un regroupement logique des fonctions, l’application d’un zonage de sécurité cohérent et la limitation des longues distances à parcourir à pied. Le concept de stabilité intelligente évite autant que possible les murs porteurs, ce qui garantit une flexibilité maximale du projet. Ainsi, des cloisons peuvent être retirées ou ajoutées à tout moment. Pietter Lansens : « La conception est modulaire et repose sur une grille de cinq éléments, échelonnés en plan et en coupe. Cette disposition claire nous a également permis de travailler de manière très répétitive en ce qui concerne le béton préfabriqué et de parvenir ainsi à une grande efficacité. »

L’entreprise Verhelst Bouwmaterialen a été contactée pour les éléments en béton préfabriqué. « Lorsque le projet nous a été soumis, le béton architectonique n’était pas encore une option », explique Maarten Simpelaere, responsable du bureau d’étude Béton Architectonique au sein de Verhelst Bouwmaterialen, et lui aussi né et ayant grandi à Torhout. « L’objectif était d’obtenir un aspect industriel, mais il est vite apparu que les conceptions des fabricants classiques de béton gris industriel présentaient des nœuds complexes, qui n’étaient pas compatibles avec les exigences de la conception. Nous avons alors commencé à chercher du côté du béton architectonique, même si le client craignait qu’il ne soit trop clair, trop blanc. Mais après plusieurs consultations, y compris des échantillons, le maître d’ouvrage et le concepteur ont fini par être convaincus. Pour le béton architectonique gris, nous travaillons en standard avec du ciment de haut fourneau, ce qui permet d’obtenir une nuance de gris plus claire et une couleur homogène sur toute la surface. »

« Chez Verhelst Bouwmaterialen, nous avons trouvé le savoir-faire que nous ne trouvions pas immédiatement ailleurs », poursuit Pietter Lansens. « Nous ne recherchions pas le béton architectonique blanc typique, car le bâtiment aurait alors été trop visible parmi les bâtiments industriels environnants. Cela aurait également nui à la neutralité du bâtiment. Mais en même temps, nous recherchions une finition raffinée et de haute qualité, avec, par exemple, un rebord de toit joliment intégré. Et cela exige un certain savoir-faire technique que les fabricants de béton industriel ne possèdent généralement pas. »

Complexité technique

Pour Verhelst Bouwmaterialen, il s’agit donc d’un projet accueilli à bras ouverts. Maarten Simpelaere : « Tant en termes de complexité technique que de capacité, il s’agissait pour nous d’un projet dans lequel nous pouvions mettre à profit toute notre expertise. Comme, par exemple, répondre au souhait d’une intégration soignée de la bordure du toit. Alors qu’un fabricant classique de béton gris industriel coulerait le bord du toit en même temps que le panneau de façade, nous avons choisi de le couler dans une deuxième phase. De cette manière, nous évitons que la chaleur d’hydratation libérée au niveau de la bordure de toit solide ne fasse durcir le béton localement plus vite que le reste de l’élément de façade mince, ce qui entraînerait des différences de couleur dans le plan de la façade. »

L’angle intérieur du bâtiment constituait également un défi technique. Maarten Simpelaere : « Les grands éléments de la façade devaient s’assembler harmonieusement dans cet angle et s’appuyer sur une colonne intérieure dont la surface d’appui était limitée. Nous avons résolu ce problème au moyen d’une dentelure dissimulée, de sorte que les deux panneaux s’accrochent parfaitement l’un à l’autre et que l’angle intérieur puisse être formé avec une grande précision. Cela ne se voit pas immédiatement dans le résultat final, mais même ces détails sont pris en compte pour obtenir un résultat final esthétique. Pour un bâtiment situé sur un site industriel, le niveau de finition est particulièrement élevé. Nous nous félicitons naturellement du fait que META ait déjà pris en compte l’efficacité maximale de la production au cours du processus de conception. Cela a certainement exercé une influence positive sur la faisabilité financière du projet. Dans un créneau comme celui du béton architectonique, il s’agit toujours d’une question épineuse. Un architecte qui réfléchit avec vous à ces questions, cela représente un atout majeur. »

Préférence pour les matériaux robustes

« Chacun autour de la table a son rôle à jouer », reprend Pietter Lansens. « Verhelst Bouwmaterialen est le souverain en ce qui concerne les aspects techniques. Et l’entrepreneur, en tant qu’exécutant, doit évidemment être sur la même longueur d’onde. Il est assurément judicieux de remettre en question certains choix conceptuels. Cela oblige parfois les parties à sortir des sentiers battus et à chercher une solution alternative. En tant que bureau d’architectes, nous avons de toute façon une préférence pour les matériaux minéraux et robustes, motivés par la notion de durabilité. C’est pourquoi nous aboutissons souvent au béton et nous avons donc acquis au fil des ans l’expérience nécessaire pour concevoir des projets en béton. »

La collaboration et la communication ouverte ont certainement été l’une des clés de la réussite de ce projet. « Verhelst Bouwmaterialen consacre beaucoup d’efforts au service client. Aider à la conception, prendre en compte les besoins de chacun, résoudre les points de friction… C’est ce qui motive notre équipe et il n’en a pas été autrement pour ce magnifique projet. Notre dessinatrice de projet, Ynske, a joué un rôle crucial dans ce projet. Grâce à ses compétences techniques, mais aussi en tant que lien de communication entre toutes les parties prenantes. Sans une équipe forte et dévouée, il est impossible de mener à bien des projets complexes comme ce commissariat de police », conclut Maarten Simpelaere. (NRO)

Bâtiment central de la zone de police Kouter 
Torhout, 2024
Maître d’ouvrage: Police locale Kouter
Architecte : META architectuurbureau bv
Entrepeneur : Artes Depret nv
Bureau d’études : Aiko architecten & ingenieurs bv / EVEKA bv / 
Bureau De Fonseca bv / Ingenieursbureau France nv
Béton préfab: Verhelst Bouwmaterialen nv

Chiffres clés :
353 éléments : colonnes, éléments de façade, appuis et revêtements de pierre