Les talents du secteur – Partie 3 – Anne Pelgrims – Ebema

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L’industrie du béton préfabriqué est en permanente évolution. Cela se reflète aussi dans la diversité des métiers qui y sont exercés. Que ce soit au niveau administratif ou dans la chaine de production, les fonctions sont variées et passionnantes et offrent de nombreuses possibilités d’apprentissage. Dans cette série, BETON vous présente le quotidien des acteurs du secteur. Dans chaque édition, quatre questions récurrentes sont posées à un collaborateur du secteur du béton. Nous avons rencontré Anne Pelgrims, opératrice au sein de la production d’EBEMA.

Que faites-vous exactement en tant qu’opératrice?

Je fabrique des éléments spéciaux sur une presse semi-automatique en très petites séries, de trois ou quatre éléments à quelques dizaines. Par exemple des éléments giratoires avec réflecteurs ou des éléments de mobilier urbain. Il y a, par exemple, près de notre usine, un mémorial sur lequel on retrouve un banc réalisé avec des éléments que j’ai fabriqués. Cela m’arrive régulièrement de revoir quelques réalisations avec des éléments que j’ai réalisés et c’est toujours agréable. Je fabrique ces éléments de A à Z : je prépare le béton, je remplis le moule, je fais vibrer le béton – après avoir réglé correctement la machine, je retire les éléments du moule et je les finis manuellement.

Comment êtes-vous arrivé chez EBEMA?

Il y a dix ans, mon précédent employeur a fait faillite. Lors d’une promenade à vélo le long du canal, mon mari a vu des panneaux sur le site d’EBEMA indiquant qu’ils recherchaient des travailleurs. J’ai donc postulé ici. Ils voulaient plus de femmes, et trois jours après l’entretien, j’ai déjà pu commencer !

Y a-t-il beaucoup de femmes dans l’entreprise aujourd’hui?

Non, je suis encore la seule au sein du département béton ! Il y a bien quelques collègues féminines qui sont passées, mais elles n’ont jamais tenu longtemps (rires). Pourtant, les femmes ont toutes les chances ici, mais il faut aussi être capable de supporter physiquement le travail. Ça ne me dérange pas d’être la seule femme. J’ai toujours occupé des emplois masculins, donc j’ai l’habitude de travailler avec des hommes. Mes collègues sont tous très sympathiques, l’ambiance est bonne et nous sommes toujours prêts à nous entraider.

Occupez-vous ce poste de travail depuis le premier jour?

Non, j’ai d’abord travaillé comme préposée à la ligne de conditionnement. Le conditionnement implique qu’après la production, les éléments imparfaits, c’est-à-dire ceux qui sont un peu déformés, qui présentent un éclat ou une petite différence de hauteur sont retirés, avant de procéder à l’empilement. Lorsque EBEMA a construit un nouveau hall ici, mes responsables m’ont appris à mieux connaître le béton et j’ai tout appris sur le fonctionnement et le réglage des machines. Quand ce hall a été terminé, j’ai commencé à y assurer tout le conditionnement. J’en suis encore très fière ! Ce n’est qu’ensuite que j’ai commencé à mon poste actuel.

Avez-vous vu beaucoup de changements dans l’entreprise au fil des années?

Outre les changements de collègues et les halls supplémentaires, j’ai surtout constaté des changements dans les domaines de l’informatisation, de la sécurité et de l’écologie. Par exemple, les commandes des machines sont plus «  intelligentes  » qu’auparavant et elles indiquent ce qui ne va pas en cas d’arrêt. Avant, nous devions chercher nous-mêmes. La sécurité fait désormais l’objet d’une plus grande attention. En ce qui concerne l’environnement, nous triions à peine les déchets et nous utilisions l’eau de ville pour tout, tandis que maintenant nous trions tout et n’utilisons que de l’eau récupérée.

Qu’est-ce qui vous plaît dans votre travail?

J’aime le fait de travailler seule sur ma machine. Lorsque je laisse mon espace de travail propre, je peux le retrouver dans le même état le lendemain. Néanmoins, ce n’est pas un travail solitaire, car à côté de moi, un collègue travaille sur une autre machine. Ce qui est bien aussi, c’est que je suis occupée en permanence. Le temps passe donc très vite. J’aime aussi beaucoup la diversité de mon travail. Je fabrique toujours des produits différents et je trouve cela plus agréable que de faire la même chose tous les jours. De temps en temps, je donne un coup de main sur d’autres machines quand on a besoin de quelqu’un.

Vous allez donc encore effectuer ce travail pendant un certain temps?

Je l’espère, oui. Il y a beaucoup de travail manuel, ce qui le rend physiquement assez lourd, mais tant que je pourrai le supporter physiquement, je le ferai avec beaucoup de plaisir ! (KDA).