Les talents du secteur – Partie 6 – Fabricio Gonzalez Vega – Cobefa

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Dans chaque édition de BETON, quelques questions sont posées à un collaborateur de l’industrie du béton préfabriqué, un secteur proposant une large gamme d’emplois. Pour ce numéro, nous nous sommes entretenus avec Fabricio Gonzalez Vega, ingénieur de stabilité et de qualité chez COBEFA.

Pouvez-vous vous présenter et décrire votre trajet dans le monde de béton ?

Je m’appelle Fabricio, j’ai 31 ans et je suis originaire d’Equateur. Quand j’ai eu huit ans, mes parents ont construit une maison en béton. J’avais l’occasion d’aller sur le chantier presque quotidiennement. C’est là où j’ai découvert ma passion pour le béton. À cet âge je savais déjà que je voulais devenir ingénieur en construction. J’ai eu l’opportunité de faire mes études universitaires ici en Belgique. J’ai effectué mon mémoire dans le secteur du ciment et j’ai ensuite été engagé dans une cimenterie. Du ciment, je suis passé aux granulats et ensuite au béton.

Je travaille depuis un an et demi chez COBEFA, une société familiale et dynamique située à Comines et qui produit principalement des murs de soutènement et des caillebotis. Je suis ravi de pouvoir combiner deux fonctions ici. Comme ingénieur stabilité je m’assure que le calcul et la disposition constructive du béton et de l’acier d’armature soient corrects, conformément aux règles applicables et aux exigences du projet. Comme ingénieur qualité, je veille à la bonne exécution de toutes les phases de production. Je suis également la personne de contact pour les différents organismes de contrôle et certification comme SECO et PROBETON. Je mets en place différentes mesures correctives pour assurer une production qualitative constante en accord avec les critères des labels BENOR et CE.

À quoi ressemble votre journée de travail ?

En théorie nous commençons avec le planning de la production. Je m’assure que les bonnes armatures soient arrivées. Puis, en collaboration avec le laborantin, nous faisons les contrôles de prélèvement. J’analyse les résultats de la veille pour être certain que tout reste conforme. Ensuite en fonction des projets qui sont en cours, je libère quelques heures pour faire des calculs de stabilité et pour répondre aux questions techniques des clients et des commerciaux. Ça c’est une journée “typique” mais en fait il n’y a pas de journées qui se ressemblent.

COBEFA est une société très innovante, qui cherche toujours à développer de nouveaux produits. Pour le développement je me renseigne chez les différents organismes comme la FEBE ou PROBETON. Ils nous donnent une bonne perception de la réglementation applicable, souvent complexe. Cette perception est importante pour innover dans la bonne direction. Il faut tenir compte de beaucoup de choses. Les défis ne manquent pas ici.

Quelles évolutions avez-vous constatés dans le monde du béton ?

J’ai pu voir une grande évolution dans l’importance accordé à l’environnement et à la production circulaire du béton. Beaucoup d’efforts sont réalisés pour diminuer l’impact CO2 global du ciment : d’une part en utilisant des combustibles alternatifs pour la production du clinker – matière première du ciment – et d’autre part, la valorisation des matières alternatives au clinker tel le laitier ou le filler calcaire.

On essaye aussi de recycler et de réutiliser le béton beaucoup plus qu’avant. Dans le temps, les déchets de démolition étaient souvent enterrés. On remarque une grande conscientisation sur ce niveau dans le secteur.

Quelle est la réalisation dont vous êtes fier ?

Chez COBEFA on fait deux types de béton : un béton sec et un autocompactant. Pour ce dernier, depuis peu, nous avons incorporé des fibres polymère. Je suis très fier d’avoir participé au développement de ce béton fibré. Ce n’était pas une sinécure. Il faut prendre de nombreux paramètres en considération : la dose idéale de fibres, le moment adéquat pour les rajouter, la façon de les doser, l’homogénéité… C’était très intéressant et enrichissant de réaliser des tests à grande échelle sur nos éléments produits avec ce nouveau béton. On a mis les murs de soutènement à l’épreuve jusqu’à rupture pour assurer la résistance et les performances mécaniques. C’est fantastique de voir qu’on peut toujours apprendre sur le béton et sur les façons de le travailler. Je suis également fier de participer aux réflexions des groupes de travail au sein de la FEBE et de PROBETON. J’espère contribuer de manière constructive à l’introduction de ce béton renforcé de fibres dans les normes et PTV applicables. (SOM)