« La durabilité exige de la nuance, pas du dogmatisme »

Au début de  cette semaine, j’ai écouté un épisode du podcast néerlandais ‘Doorzagen’, plaidant pour une transition complète vers la construction biobasée aux Pays-Bas. Il était même question de convertir l’élevage en sylviculture afin de produire localement le bois de construction nécessaire. Une vision ambitieuse, certes, mais ces réflexions sont rarement accompagnées d’une analyse chiffrée rigoureuse.

Quelle superficie forestière faudrait-il pour répondre aux besoins futurs du bâtiment ? Cette surface est-elle disponible ? Le bois pouvant être cultivé localement est-il réellement adapté aux constructions durables et à longue durée de vie ? Quel est l’impact environnemental réel sur l’ensemble du cycle de vie ? Et qu’en est-il de la biodiversité et de la sécurité incendie ? Tandis que j’écris ces lignes, les images de l’incendie d’Arnhem défilent sous mes yeux. Un rappel brutal que les matériaux doivent être non seulement durables, mais aussi sûrs.

Il est frappant de constater que lorsqu’il s’agit du béton, les chiffres sur l’impact CO₂ sont immédiatement avancés. Pourtant, les matériaux biobasés échappent souvent à la même rigueur d’analyse.

Chaque matériau a ses forces et ses limites. C’est pourquoi nous devons évaluer l’impact environnemental à l’échelle du bâtiment, sur l’ensemble de son cycle de vie, en tenant compte de la sécurité, de l’adaptabilité et de la circularité. Des données fiables et une vision globale sont essentielles pour faire des choix responsables.

La durabilité exige de la nuance, pas du dogmatisme. Ce sont les faits, et non les croyances, qui doivent guider le secteur de la construction. L’avenir de notre cadre de vie mérite un débat éclairé et argumenté.

Moins scier, plus scientifier.

Stef Maas, Directeur