L’exploitation forestière suédoise est-elle une industrie durable ou néfaste pour la nature ?

Pour atteindre la neutralité carbone, le Bouwmeester mise sur la plus ancienne forme de capture de carbone : l’arbre.

— Stef Maas

Il y a quelques semaines, l’ancien Bouwmeester flamand, Leo Van Broeck, a donné une conférence lors de notre assemblée générale statutaire. Son message était clair : le terme “changement climatique” est inapproprié et ne décrit rien d’autre qu’un effondrement complet de l’écosystème mondial. Leo Van Broeck a confronté son auditoire à des faits étayés par une présentation richement documentée. Une partie de la solution réside dans la réduction drastique de notre empreinte spatiale. En concentrant la population dans des villes bien pensées, nous libérons de l’espace pour permettre à la biodiversité vitale de reprendre sa place. Pour atteindre la neutralité carbone, le Bouwmeester mise sur la plus ancienne forme de capture de carbone : l’arbre. Est-ce un plaidoyer pour le mode de vie scandinave ?

Quelques jours plus tard, un fabricant m’a parlé d’un podcast intitulé “Dossier Europe”. Il s’agit d’un podcast de journalistes néerlandais vivant dans différents pays de l’UE. Les épisodes sur la Suède dressent un tableau des forêts qui couvrent 70 % du pays. Seuls 8 % de ces forêts sont protégés et présentent une grande biodiversité. Près de 97 % des forêts destinées à la récolte sont gérées par coupe à blanc. Seulement 20 % de chaque arbre est transformé en planches, le reste étant utilisé pour des produits à durée de vie courte (comme la pâte à papier, le papier et les biocarburants), dont le carbone stocké retourne rapidement dans l’atmosphère. Les arbres nous font croire qu’il s’agit d’une nature intacte, mais en réalité, il ne s’agit que de plantations, de champs arborés où la biodiversité n’a aucune chance. L’exploitation forestière suédoise est-elle une industrie durable ou néfaste pour la nature ?

Chacun doit assumer sa responsabilité dans ce débat. Ceux qui le réduisent à un simple discours sur le CO2 sont incapables de prendre des mesures pour sauver notre écosystème. Il est grand temps de se débarrasser de nos œillères ! J’espère que nos décideurs politiques nouvellement élus essaieront d’avoir une vue d’ensemble et d’agir en conséquence. Qu’ils voient à travers les arbres… la forêt à nouveau.

 Stef Maas, Directeur