Le béton préfabriqué propose des solutions efficaces pourune bonne gestion des eaux pluviales – Chaque goutte doit retourner au sol

Depuis 2023, le GSVH (Gewestelijke Stedenbouwkundige Verordening Hemelwater 2023, le Règlement Régional 2023 sur les Eaux Pluviales) fixe des directives claires en matière de gestion des eaux pluviales pour les projets de construction et de rénovation en Flandre, tant sur les domaines publics que privés. Le document technique associé (TA), élaboré par la CIW (Commission de Coordination de la Politique Intégrée de l’Eau), a été mis à jour en juin 2025 (version 1.2). L’objectif final est de créer un environnement résilient au climat, dans lequel l’eau de pluie est autant que possible infiltrée, stockée ou réutilisée. Mais comment y parvenir concrètement et quels sont les points d’attention ? Cet article apporte des réponses, notamment sur les solutions utilisant le béton préfabriqué.
Champ d’application du GSVH
Le GSVH s’applique aux interventions suivantes :
- Construction ou reconstruction d’ouvrages couverts, transformation ou extension d’ouvrages existants avec modifications de l’évacuation ;
- Aménagement, réaménagement ou extension de surfaces imperméabilisées ;
- Installation d’un système d’évacuation pour les ouvrages ou les revêtements susmentionnés, lorsque les eaux pluviales s’infiltraient auparavant naturellement dans le sol.
Le GSVH ne s’applique pas aux interventions sur domaine public dispensées de permis conformément à l’article 10 de l’arrêté du Gouvernement flamand du 16 juillet 2010. Le Code de Bonnes Pratiques pour les réseaux d’assainissement, qui précise également la manière d’appliquer le GSVH aux grands projets ou aux projets sur domaine public, reste toutefois d’application.
Principes de base
Dès la phase de conception, chaque goutte d’eau de pluie doit être prise en compte. Comment éviter qu’elle soit simplement évacuée vers la mer ? Le GSVH 2023 repose sur l’ « échelle de Lansink » (voir figure 1), ce qui implique que l’écoulement doit être évité autant que possible, en favorisant la réutilisation ou l’infiltration.

Éviter l’écoulement
Une goutte qui tombe sur un sol naturel s’infiltrera spontanément. En revanche, une goutte qui atterrit sur une surface imperméable (toit, carport, revêtement routier fermé, abri de bus…) a besoin d’être guidée vers le sol. Idéalement, ces eaux sont redirigées vers une zone non revêtue sur la propriété. Si cette zone couvre au moins 25 % de la surface imperméable et qu’aucune canalisation n’est nécessaire (hors gouttières et descentes), le GSVH ne s’applique pas. Dans tous les autres cas, des mesures doivent être prises.
Réutilisation
Stocker les eaux de pluie pour un usage domestique est une option logique et facile à mettre en œuvre pour les projets privés. Le GSVH définit la taille de la citerne à prévoir selon le nombre d’habitants et la nature du projet. Sur domaine public, cette solution est moins évidente, mais envisageable. Pensons par exemple à des « rues-jardin » où un stockage collectif avec robinets permet aux habitants d’arroser leurs plantes. Les services communaux peuvent aussi utiliser cette eau pour l’entretien des espaces verts publics.
Infiltration
L’infiltration doit être maximisée, dans le respect des exigences légales et des contraintes propres au projet. L’annexe du nouveau TA contient un organigramme utile pour déterminer la solution d’infiltration la plus adaptée. Il faut d’abord vérifier si le sol permet l’infiltration. En sol imperméable (ex : argile), cela n’a aucun sens.
Le GSVH impose des exigences dimensionnelles en fonction de la surface connectée : une surface d’infiltration d’au moins 8 % et un volume d’infiltration de minimum 33 l/m². Pour chaque projet, il convient de déterminer où placer quelle solution d’infiltration.
Il est également essentiel de veiller à ce que la solution reste au-dessus de la nappe phréatique. Il faut donc déterminer ce niveau avant la conception.
Infiltration en surface
Le GSVH impose d’examiner d’abord si une solution d’infiltration en surface est envisageable. Le TA cite plusieurs arguments :
- La disposition en surface permet une inspection plus aisée et un entretien simplifié ;
- Leur aménagement paysager offre une valeur écologique supplémentaire ;
- Leur présence visible sensibilise davantage la population ;
- Ils sont facilement extensibles pour intégrer de futures mesures ;
- Les systèmes souterrains, mal conçus, risquent de drainer l’eau souterraine.
Cependant, le GSVH et le TA ne rendent pas justice aux systèmes souterrains actuels. Lorsqu’ils sont bien conçus, ils permettent des inspections moyennant l’utilisation de bons outils. Des préfiltres protègent efficacement le système d’infiltration en aval, à condition d’être entretenus régulièrement. Les systèmes naturels en surface manquent souvent de tels filtres, ce qui complique leur entretien lorsque le sol est colmaté ou pollué.
Ils demandent aussi un suivi après installation. Un bassin piétiné, par exemple, verra sa capacité d’infiltration réduite. Le béton préfabriqué peut apporter des solutions : garnissage de fossés pour lutter contre l’érosion, dalles pour rendre les bassins accessibles à la marche, ou revêtement perméable de la totalité du fond pour assurer l’infiltration dans le temps.
Un aménagement paysager est aussi possible au-dessus d’un système souterrain : cela favorise la biodiversité, offre des espaces ludiques ou de détente sans nuire à l’infiltration. Une signalisation adéquate permet de sensibiliser les citoyens à l’importance de ces dispositifs invisibles.
Infiltration souterraine
Si des raisons techniques ou juridiques l’imposent, des dispositifs d’infiltration peuvent (en partie) être prévus en souterrain. Une justification est nécessaire. Le TA prévoit déjà plusieurs arguments recevables :
- L’évacuation vers une installation de surface ne peut se faire qu’à l’aide d’une pompe ;
- Les contraintes légales rendent impossible l’aménagement d’une solution en surface ;
- Le contexte existant n’offre pas l’espace nécessaire ;
- Un manque de place dans le profil de voirie ou conflits avec la mobilité ;
- Des risques d’inondation ou d’érosion en zones basses.
D’autres arguments peuvent également être valables. Chaque projet a ses spécificités et nécessite une solution sur mesure.
Il existe de nombreux produits en béton préfabriqué permettant l’infiltration souterraine des eaux pluviales : tuyaux poreux classiques, puits ou avaloirs d’infiltration. Les fabricants innovent sans cesse pour développer des solutions souterraines toujours plus efficaces.
Revêtements perméables
Un revêtement perméable est bien plus qu’une finition de surface infiltrante. L’ensemble de la structure, des fondations à la couche de roulement, doit être ouverte. Un revêtement bien conçu et posé permet à l’eau de pluie de s’infiltrer directement dans le sol, comme sur une surface non revêtue. Ainsi, selon le GSVH, un revêtement perméable avec une pente inférieure à 2 % n’est pas comptabilisé comme surface imperméable.
Mais cela ne signifie pas que les revêtements avec une pente supérieure à 2 % sont inutiles. Jusqu’à 5 %, pratiquement chaque goutte sera encore infiltrée. Toutefois, conformément au GSVH, ces surfaces doivent être comptabilisées comme surfaces imperméables (sauf si elles s’écoulent vers une surface naturelle couvrant au moins 25 %) et raccordées à un dispositif d’infiltration via un dispositif de trop-plein (caniveau de collecte). Au-delà de 5 %, ces revêtements restent utiles moyennant des aménagements pour limiter l’écoulement, par exemple en compartimentant la fondation pour laisser le temps à l’eau de s’infiltrer.
Le béton préfabriqué offre de nombreuses possibilités pour réaliser ce type de revêtement : pavés en béton poreux, pavés à joints larges ou à ouvertures d’infiltration. Pour ces derniers, il est crucial que les joints représentent au moins 10 % de la surface après pose, pour garantir leur capacité d’infiltration à long terme. Il existe également des pavés hybrides combinant une base en béton poreux et une couche supérieure traditionnelle, ainsi que de grandes dalles perforées renforcées pour supporter des charges plus lourdes.
Revêtements perméables comme systèmes d’infiltration
Selon la nouvelle version du TA, un revêtement perméable bien conçu et correctement posé peut être considéré comme un système d’infiltration (souterrain). Cela signifie que des surfaces imperméables peuvent y être raccordées. Une solution idéale, par exemple, pour un abri de bus ou un carport situé loin d’une zone non revêtue pour respecter les 25 % susmentionnés. Les toitures peuvent également être raccordées.
Les exigences dimensionnelles (8 % de surface d’infiltration et 33 l/m² de volume) doivent toutefois être respectées. Dans ce cas, la surface du revêtement perméable lui-même doit aussi être incluse dans le calcul de la surface connectée, même si la pente est inférieure à 2 %. L’eau qui tombe sur ce revêtement doit également y être infiltrée. Pour le calcul de la surface d’infiltration, on prend en compte la projection horizontale du revêtement, tandis que le volume réel disponible est utilisé pour le calcul du volume d’infiltration.
Dans ce cas, c’est la condition concernant le volume qui sera le facteur limitant. En général, la structure complète d’un revêtement perméable bien réalisé contient environ 23 % de vides (donc de volume d’infiltration). Par prudence, un facteur de sécurité de 1,5 est conseillé, ce qui donne une capacité tampon de 15 % pour la structure. Cette capacité peut être augmentée par des mesures simples :
- Augmenter l’épaisseur de la (sous-)fondation crée davantage de vide et donc de volume d’infiltration ;
- Remplacer une partie de la (sous-)fondation par des blocs d’infiltration en béton préfabriqué (poreux) augmente significativement le volume sans devoir creuser plus profond ;
- En surélevant les bordures de cinq centimètres et en créant un accès en pente, on crée un volume d’infiltration supplémentaire au-dessus du revêtement, utile lors de fortes pluies et rapidement drainé ensuite dans le revêtement perméable.
Tamponnement et évacuation différée
Si la réutilisation ou l’infiltration ne sont pas possibles, l’eau pluviale peut être temporairement stockée pour ensuite être évacuée lentement vers l’égout. Cela doit toutefois rester une solution de dernier recours. Ici encore, le béton préfabriqué propose de nombreuses solutions adaptées. (RPI)

